Suédois, anglais et espagnol. Une famille très… trilingue !

Aujourd’hui je vous présente le témoignage (en français et en espagnol) d’Haydée, la maman de deux petites trilingues, Frida et Emelie. Haydée est mexicaine mais a grandi à Los Angeles aux Etats-Unis. Pendant un voyage en Suède elle a connu son mari…

Pouvez-vous vous présenter ? Quelles langues parlez-vous et où les avez-vous apprises ? ¿Puedes presentarte ? ¿Qué idiomas hablas ?

Bonjour, je m’appelle Haydée et depuis petite j’ai été attirée par les langues vivantes. Ma langue maternelle est l’espagnol et ma deuxième langue est l’anglais que j’ai appris aux États-Unis. Actuellement, j’habite en Suède avec ma petite famille. Ici j’ai appris le suédois (même si cette langue est toujours « en travaux »). A la fac, j’ai étudié le français, mais hélas je ne le pratique pas très souvent. J’ai bien l’intention de me remettre à la ‘langue de l’Amour’ d’ici peu. 

Me llamo Haydée y desde pequeña me han interesado los idiomas. Mi lengua materna es español y mi segundo idioma es inglés – el cual aprendí en Estados Unidos. Ahora vivo en Suecia con mi familia y aprender sueco fue el siguiente paso a seguir, aunque sigue siendo una « obra en construcción. » También estudié francés en la universidad, pero lamentablemente he olvidado la mayor parte por falta de práctica; pero pretendo volver a retomar el « idioma de mis amores » muy pronto.

Quelles langues parlez-vous à la maison ? Avez-vous une règle dans la famille ? ¿Qué idiomas que se hablan en tu casa ? ¿Hay alguna regla?

A la maison nous parlons anglais, espagnol et suédois. Mon mari et moi, nous nous parlons en anglais et lui communique exclusivement en suédois avec les petites. Au Mexique je parlais seulement en anglais avec Frida parce que je souhaitais qu’elle l’apprenne dès toute petite, elle avait l’opportunité de parler en espagnol avec ma famille et les autres. Lorsque nous sommes partis en Suède, j’ai décidé de me concentrer sur l’espagnol puisque ici les enfants apprennent dès le CE1 l’anglais qui n’était donc plus une priorité. Par la suite, Frida (l’aînée) m’a demandée de lui parler en anglais car elle ne voulait pas l’oublier. Maintenant qu’Emelie (la cadette) entend sa sœur et moi parler en anglais, elle s’y est également intéressée. J’ai donc opté pour un peu d’organisation au moment de leur parler : 70 % de nos échanges se font en espagnol et 30 % en anglais en prenant bien garde de ne jamais mélanger les deux langues. C’est vraiment surprenant pour moi de les voir changer de langues sans difficulté aucune et de voir comment elles associent certaines personnes à chaque langue.

En casa hablamos, inglés, español y sueco. Mi esposo y yo nos hablamos en inglés y el solo habla sueco con las niñas. 
En México solo hablaba inglés con Frida porque quería que aprendiera desde pequeña y el español lo hablaba con mi familia y demás. Cuando nos mudamos a Suecia , decidí enfocarme en español, ya que en Suecia los niños aprenden inglés desde el 2do año de primaria, así que ya no fue prioridad.
Aunque después Frida (la mayor), me pidió seguir hablando inglés con ella porque no quería olvidarlo. Y ahora que Emelie nos escucha hablar inglés también se ha interesado por el idioma, así que he optado por tener un poco de estructura cuando hablo con ellas y hablo 70% Español y 30% inglés sin mezclar los idiomas. 
Es realmente sorprendente para mi ver como ellas cambian de un idioma a otro sin mayor dificultad y que asocian a cierta persona con cada idioma.

Anglais

Est-il important pour vous de transmettre votre langue maternelle et votre culture à vos filles ? ¿Es importante para para ti transmitir tu idioma materno y tu cultura a tus niñas? 

Pour moi c’est on ne peut plus important de transmettre à mes filles ma culture et tout ce qui vient avec. Pour ce qui est de la langue, c’est le plus beau patrimoine que je puisse leur laisser. Ça leur ouvrira les portes d’autres mondes, d’autres expériences et leur permettra d’élargir leur apprentissage. (Je ne vous parle même pas ici du grand nombre d’avantages qui ont été publiés suite à diverses études sur le sujet). Ça me fait chaud au cœur de voir comment elles peuvent s’identifier à ma culture bien qu’elle n’y ait pas accès en dehors de la maison.

Para mi es de suma importancia trasmitirle a mis hijas mi cultura y todo lo que esto conlleva. En el caso de los idiomas, lo veo como el mejor patrimonio que les pueda dejar a mis hijas, ya que esto les abrirá puertas a otros mundos, otras experiencias y a ampliar su aprendizaje. (Sin mencionar el sinnúmero de ventajas que se han publicado en varios estudios). 
Es muy bonito ver como ellas se identifican conmigo / mi cultura, a pesar que no tengan acceso a esta fuera de casa.

Vous avez vécu dans trois pays avec des cultures très différentes, comment arrivez-vous transmettre toutes ces cultures à vous petites ? Par exemple, fêtent-elles à la maison Halloween or le « dia de los muertos» ? ou les deux ? Has vivido en tres países con culturas bien diferentes, ¿cómo logras transmitir esas culturas a tus hijas ? Por ejemplo, ¿celebran en casa el Día de los muertos, Halloween o los dos?

Je me suis surtout concentrée sur la culture mexicaine, même s’il m’arrive de leur parler de la culture étasunienne. Je le fais par l’intermédiaire de la langue, de la cuisine, de la musique et des contes et légendes. On célèbre aussi les traditions suédoises, ce qui m’a aidé à m’intégrer à ce pays. Frida a eu l’opportunité de célébrer el día de los muertos au Mexique à deux reprises, ici nous le célébrons avec une petite offrande contenants des fruits, des fleurs, un verre d’eau, des bougies, des petits dessins de têtes de morts, de Catrinas et de ‘papel picado’ faits par nous même pour décorer l’autel. Ici, en Suède, ils célèbrent aussi Halloween. Nous ne la fêtons pas nécessairement, nous attendons surtout que les filles nous montrent leur intérêt.

Yo me he enfocado más en la cultura mexicana con mis hijas, aunque también les hablo sobre la cultura de Estados Unidos. Esto lo hago por medio del idioma, la comida, cuentos y leyendas, música, y el baile.
Aquí en Suecia también tomamos parte en las tradiciones de este país, lo cual me ha ayudado a adaptarme. Frida tuvo la oportunidad de festejar el Día de muertos en México dos veces; aquí lo hacemos poniendo una pequeña ofrenda , que consiste de fruta, flores, agua, velas, dibujos de calaveras y catrinas y papel picado que hacemos para adornar la mesa. Como aquí en Suecia también celebran Halloween lo hemos tomado como algo opcional hasta que las niñas muestren su interés.

Finalement, quel conseil donneriez-vous aux parents des familles bilingues-biculturelles ? Para finalizar, ¿algún consejo que quieras dar a los padres de niños bilingües?

Je pense qu’il est très important d’être constant avec la langue que vous souhaitez transmettre, il ne faut pas non plus la mélanger avec une autre langue. Si les enfants refusent de parler votre langue, ne rendez pas les armes et continuez à leur parler dans votre langue, il sera mieux qu’ils continuent de l’écouter plutôt qu’ils coupent tous les ponts avec votre langue

Yo creo que es muy importante ser consistentes con el idioma que uno quiera enseñar/trasmitir y no mezclarlo con otro(s). Si los niños se rehusan hablar su idioma, no se den por vencidos y sigan hablándoles, ya que es mejor que lo sigan escuchando y siga vigente a que lo dejen de hablar por completo.

Je tiens à remercier à Haydée pour le temps qu’elle nous a consacré. Quiero agradecer a Haydée por haberse tomado el tiempo de compartir un poco de su vida con nosotros. 

A très bientôt sur Linguatoys.com ! 

Mes blogs coup de cœur sur les langues et le bilinguisme

Je veux partager avec vous certains blogs sur l’apprentissage précoce des langues ou sur le bilinguisme que je trouve très intéressants. Hélas, la plupart d’entre eux sont en anglais. Si vous connaissez des blogs ou sites spécialisés en français sur ce sujet n’hésitez pas à les partager. Je serai ravie d’agrandir cette liste !

In Culture Parent Magazine en anglais pour des parents qui élèvent des citoyens du monde.  On y trouve des articles sur les langues,   le plurilinguisme, les cultures du monde et la multiculturalité, des témoignages des familles bilingues-biculturelles, activités pour booster l’apprentissage des langues et introduire les enfants à une culture étrangère…

Divskouarn  Site internet de l’association Divskouarn pour le développement du breton avant la scolarisation. On y trouve l’actualité de l’association et son action, mais aussi l’offre de l’accueil petite enfance en langue bretonne.

Bilinguisme conseil : Blog en français de la spécialiste en bilinguisme Barbara Abdelilah Bauer. Retrouvez-y des informations et des conseils sur le bilinguisme précoce ainsi que l’actualité sur le sujet.

Multilingual Living Revue digitale en anglais avec des articles et témoignages sur le bilinguisme (ou le plurilinguisme) précoce, des ressources et des idées pour l’apprentissage des langues.

Growing Up Bilingual C’est le blog personnel de Paula Bendfeldt-Diaz,une maman guatémalienne qui habite aux Etats-Unis et qui élève ses enfants dans une double culture et en deux langues. Elle partage son expérience avec sa famille bilingue, des ressources et des idées pour renforcer la langue et la culture minoritaire de la maison… Le blog est rédigé en anglais et en espagnol.

Journal of a bilingual family  Tout nouveau blog en anglais d’une famille franco-finlandaise. Ils partagent leurs anecdotes et expériences  comme famille bilingue et biculturelle. 

Une famille avec deux filles et trois langues

Aujourd’hui  je vous présente Magali, une française expatriée en Espagne qui partage avec nous son expérience  comme maman de 2 petites filles trilingues français-espagnol-valencien.

 

Foto par rafa_uoc

Racontez-nous un peu sur vous…

 Je suis française, de la région nantaise. Toute ma famille est de la région, entre Pays de Loire et Bretagne. Mes parents nous ont toujours transmis, à moi et à ma sœur, le goût des voyages. Rie d’étonnant alors à ce que toutes les deux nous ayons choisi de terminer nos études à l’étranger et, en ce qui me concerne, en Espagne. Après avoir résidé dans plusieurs villes comme Barcelone ou Madrid, je suis finalement arrivée à Castellón, aussi bien pour des raisons professionnelles que personnelles. Je réside en Espagne depuis maintenant 10 ans. Castellón, en pleine région valencienne, sont nées mes deux filles de 5 et 6 ans.

Quelles langues parlez-vous à la maison ? Avez-vous une règle ? Quand-vous êtes dans la rue, ou avec des gens qui ne parlent pas le français (ou l’espagnol ou le valencien) dans quelle langue parlez-vous  à vos enfants ?

 Ufffffff…… difficile….. Nous sommes en Espagne, mais dans la région de Valence. Dans la rue ou à l’école, on parle donc aussi bien « espagnol » que « valencien ».

 A la maison, j’ai opté pour parler français et à vrai dire, c’est aujourd’hui pour moi un réel défi ! Mon environnement normal (aussi bien personnel que professionnel) est espagnol, on peut dire que je me suis intégrée complètement. Je ne parle donc français qu’à mes filles ou à ma famille, par téléphone. Mais en règle générale, je parle français à mes filles, qu’on soit avec des personnes qui parlent le français ou pas d’ailleurs. Si j’en éprouve le besoin je fais une traduction aux personnes présentes.

Leur père leur parle en général espagnol, sauf quand il rend visite à sa famille qui parle plutôt valencien ou catalan. Il est d’un petit village proche de la Catalogne et la langue habituelle là-bas, c’est le valencien.

Les filles passent de l’une à l’autre sans s’en rendre compte ou traduise instantanément ce que je viens de leur dire à une autre langue. Les conversations avec des tiers sont souvent d’ailleurs assez amusantes. Je crois qu’on oublie la plupart du temps dans quelle langue on parle.

Est-il important pour vous de transmettre votre langue maternelle et votre culture à vos enfants ? 

Important non, primordial. Ce que je peux transmettre à mes filles ce n’est pas seulement une langue mais toute une culture. Quand on parle espagnol et français, si on est un peu attentif, on se rend compte que les intonations sont différentes, les sons « chantent » d’une manière différente dans chacune des langues. Je réside en Espagne mais je suis et elles sont françaises. C’est une richesse qu’elles peuvent obtenir avec un effort minimum. Elles en ont également besoin pour pouvoir communiquer avec leurs grands-parents ou leurs cousins, même si eux aussi font l’effort de se mettre à l’espagnol. Et je crois aussi que pratiquer cette « gymnastique » de changement de langue leur facilite sans doute l’apprentissage de l’anglais qu’elles font aussi à l’école. Et qui sait si demain elles ne décideront pas de faire le chemin inverse et d’aller s’installer en France, ou ailleurs !

Que faites-vous pour vous assurez que vos filles utilisent toutes leurs langues ?

 Je n’ai mis en place aucune règle précise ou activité particulière. Avec moi, le français. Avec leur père ou sa famille, l’espagnol ou le valencien. A l’école, elles apprennent aussi bien l’espagnol que le valencien et l’anglais. Le plus difficile dans le contexte actuel correspond à la pratique de la langue française. J’essaie de leur parler le plus possible et de les laisser de temps en temps avec ma famille, pour qu’elles s’habituent à parler et écouter.

Finalement, quel conseil donneriez-vous aux parents qui s’embarquent dans l’aventure d’éduquer dans deux langues et deux cultures ?

Plusieurs…… Tout d’abord, parler et parler avec ses enfants. Ça ce n’est pas seulement valable dans le cas de bilinguisme mais c’est très important. En grandissant les enfants perdent petit à petit leur capacité à émettre certains sons. Il faut donc qu’ils les prononcent le plus « tôt » possible. Et pour les prononcer, ils doivent les entendre.

Je crois aussi qu’il faut être constant et patient. Les enfants bilingues ont besoin d’un peu de temps pour tout mettre en place et restituer toute l’information reçue. Quand mes filles étaient plus petites elles avaient tendance à mélanger les langues ou à faire des phrases « mixtes ». Ce n’est pas important, ce qui compte c’est toute l’information accumulée qui sera restituée le moment venu.

Il faut aussi leur expliquer que ce n’est pas seulement une langue mais toute une culture qu’ils ont à leur disposition. C’est une grande ouverture d’esprit, une chance de connaître autre chose, sans grand effort.

Et je dirais que le plus important, et ce qui me paraît le plus difficile, dans mon cas en tout cas (quand on devient soi-même bilingue), c’est de respecter les « normes » et de toujours s’adresser aux enfants dans une même langue…. Plus ils grandissent et plus le poids de l’environnement est lourd. Il est plus facile pour eux de parler dans leur langue de tous les jours. C’est là qu’il faut renforcer la ou les langues minoritaires….

 

 Je tiens à remercier  Magali pour le temps consacré à ce petit échange.  Si vous voulez partager, vous aussi, votre expérience comme parent d’une famille bilingue/biculturel n’hésitez pas à me contacter !

L’amour, le couple et les enfants dans les familles à double appartenance culturelle

Cet article est un extrait de la brochure du même nom publiée par l’Association Pluriculturelle Familia Club en 2010

Entre 2008 et 2010, l’Association pluriculturelle Familia Club a piloté un projet, Duo, à l’attention des couples et des familles biculturels. De ce projet est née une brochure intitulée « L’amour, le couple et les enfants dans les familles à double appartenance culturelle ». La brochure contient toutes informations recueillies au cours du projet. Elle s’adresse à tous les couples biculturels qui ont l’intention d’avoir un enfant, attendent une naissance ou élèvent des enfants en bas âge.

La brochure contient l’information que le couple doit connaître sur les rapports entre conjoints, sur le rôle de père et de mère, l’identité de l’enfant et le bilinguisme. Vous y trouverez  information sur :

• L’évolution du couple de l’éblouissement amoureux à l’amour conjugal;
• La vie partagée entre deux mondes culturels;
• La manière de créer une troisième culture:
• Ce qui change dans la vie du couple à la naissance du premier enfant;
• Ce que les parents peuvent faire pour soutenir l’identité biculturelle
et le bilinguisme de l’enfant.

Pour continuer à lire : L’amour, le couple et les enfants dans les familles à double appartenance culturelle